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Il nous a fallu un certain temps pour ce projet (et un peu d'énergie!) mais nous y sommes, nous séchons du foin en vrac dans une exploitation laitière de plaine. De ce point de vue, je regarde ces quelques mois passés pour tirer des plans à LT mais aussi faire un bilan. Je ne prejuge pas de la réussite trop vite de ce choix mais quelques signaux tels que le prix de l'énergie, des protéines, les orientations de la prochaine PAC ou encore la demande sociétale me poussaient dans cette voie.

En effet, ça peut paraitre anecdotique puisque bon nombre d'exploitations en sont équipées mais il me semble que dans une exploitation de ce type et dans ce terroir sans faire de suite le choix du bio ( qui securiserait l'investissement grace à un meilleur prix du lait ), il est bien plus aisé de cultiver du maïs et d'importer de la protéine (bien souvent du soja) et le concours de circonstances faisant que je n'ai pas eu le soutien et l'accompagnement de la chambre d'agriculture de ma région confirme ce sentiment. D'ailleurs un article dans Horizon (journal agri et rural local) souhaite selon toute vraisemblance faire revenir a la réalité en relativisant l'apport de la luzerne dans les exploitations du Pas de calais selon des critères exclusivement économiques evidemment irréfutables...

 

Nous avons fait ce choix d'investissement pour plusieurs raisons:

- Le prix des protéines est de plus en plus volatil et surtout à la hausse. ( conso d'environ 60 tonnes de colza jusque maintenant)

- Les priries temporaires a base de luzerne essentiellement, de fétuque et de trèfle permettront une économie substancielle en azote qui suit la même tendance que la protéine.

- Le mais demande un couvert hiverrnal et une implantation chaque année ainsi qu'un programme désherbage exigent

- Le prix des plastiques augmentent (filme enrubannage, baches pour silos...)

- Pratiquant sur la partie conventionnelle le semis direct et l'autre partie la bio, les légumineues sont indispensables

- La gestion du sol devrait être facilitée par l'apport de la prairie temporaire dans la rotation de cultures

-et quelques autres avantages que je découvrirai autour de la santé des animaux...

 

Je sais aussi que l'investissement est lourd (200 000 euros ) et fait peur, que la recolte demande de la main d'oeuvre et du gazoil , que les ventilateurs soufflant la chaleur récupérée sous toiture consomme de l'emectricité mais cette technique apporte aussi de nombreux avantages pour le territoire puisque il est au coeur des enjeux fixés dans ce territoire comme la lutte contre l'érosion des sols, la biodiversité, le cadre paysager et l'emploi. Ces élément n'ont pas sautés aux yeux du président de la Com de Com ni du conseil municipal de ma commune puisqu'ils n'ont pas souhaité soutenir même très modestement ce projet. Les enjeux de ce territoire ne semblent pas forcément très partagés finalement...

Je pense souffrir de légère naiveté puisqu' écoutant la plupart des élus clamer leur soutien à la compétitivité des entreprises et leur souhait de maintenir dans leur territoire l'emploi, j'ai cru bon les solliciter en sus des demandes de subvention auprès de l'Europe, de l'Etat et de la Région.

Décidemment, il est vaut mieux être IKAE, FYL, AUNACH, CARROUF, LECERCL ou BRICOPODET pour avoir l'electricité, l'amenagement routier et autres accès gratos sur le dos des contribuables qui, il est bien connu, n'ont comme seule passion que de se balader le samedi après midi en periphérie des villes dans ces zones plendides d'harmonie et de convivialité vadrouillant les hectares jadis en prairie de parking en parking pour consommer des "made in China" !

 

Prenons de la hauteur, ça fait du bien au sens propre comme au figuré et ne lachons rien !!

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Quelques news des feverolles semées sans aucun travail du sol dans un couvert gelé:

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La photo 2 montre un pied de trèfle incarnat issu du couvert précédent qui semble aimer l'ombre de la féverolle ...