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Il est un peu tard, ce post est certainement brouillon.

Le mois de juillet, climatologiquement particulier, se termine. Nous sommes en pleine moisson sans réelles chaleurs pour récolter dans les meilleures conditions mais ce n'est rien. Nous avons battu les colzas (1ere photo sur laquelle on peut voir le trèfle d'alexandrie qui a fleurit au pied du colza et qui semble plaire au bourdon)  la semaine dernière et depuis hier nous avons fait l'orge de printemps, le méteil et l'épautre. Cette semaine, nous espérons récolter le triticale et les blés. Ca se confirme dans ma région naturelle, le printemps sec n'a pas eu d'impact sur les cultures d'automne et je mesure la chance qui est la notre vis à vis de nombreux éleveurs qui vivent bien difficilement cet évènement climatique.

Entre deux, (seconde photo), j'ai broyé les pommes de terre pour une récolte dans trois semaine environ.

 

Sinon, depuis plusieurs jours, je rumine deux ou trois infos que j'ai glané ici ou là a travers des lectures de quotidiens...

Mardi, en déplacement, j'achète un quotidien dans lequel je trouve deux informations qui n'ont strictement rien à voir mais qui s'entrechoquent dans mon petit cerveau: " famine dans la corne de l'Afrique: La France annonce 10 millions d'euros pour venir en aide..."  Sports: " Dix millions d'euros pour Charles N'zogbia de Wigan à Aston Villa". C'est vrai, ça n'a rien à voir mais je ne peux m'enpêcher de ne pas comprendre ce genre de délire. Un type vaut autant que des milliers de gamins.

La France fait partie des pays du G8 et du G20 qui ont promis de nombreuses fois d'éradiquer la famine avec des engagements qui ne seront pas tenus une nouvelle fois. On sait comment faire mais on s'en fout on se cache les yeux et on continue notre business! Juste très difficile à digérer...

vache_morte_en_Somalie

Bruno Le Maire en appelle des partenariats privés et publics pour lever plus de moyens afin de faciliter des politiques agricoles si nécessaire dans ces territoires. Il pense probablement à toutes ces boites ( Grande distribution, Industrie agro alimentaire, industrie des engrais semences et des pesticides) que l'on connait bien qui ont prospéré grâce aux politiques agricoles des pays riches en les soutenant indirectement par des aides directes à des productions ou grâce à des restitutions à l'exportations ou peut être à des mécènes comme Bill Gates. En clair, si jeune ministre, Bruno Le Maire a déjà capitulé, fataliste quand au rôle du politique...

D'ailleurs, je lisais dans un journal spécialisé dans la filière laitière laitière que Nestlé ambitionnait de  créer des partenariats dans les pays dans lesquels le groupe s'implantait, favorisant la production locale et le développement des paysans du pays. Dans cette même revue, les coopératives (une coopérative ou groupement coopératif est une entreprise dont les associés contribuent volontairement à part égale en droits et en obligations. Le système coopératif est fondé sur le principe de la coopération (ou mutualisme) et de la solidarité) laitières françaises décrivent leur projet de conquête des marchés internationnaux et notamment asiatiques en s'appuyant sur une production exponentielle de lait de ses producteurs.

J'ai beau me répéter sans cesse cette phrase magnifique du type qui a réussit sa vie " C'est l'économique qui gouverne, si ce n'est pas nous qui le faisons, ça sera d'autres alors ne te pose pas de questions !", j'ai quelques doutes sur notre capacité à relever la ligne d'horizon...

Enfin une dernière info, moins dramatique, moins tragique, je lis dans la presse locale de jeudi que le syndicalisme agricole de mon département s'oppose à un projet de pépinière dans le Marais audomarois (dernier marais cultivé de France pour ceux qui ne connaissent pas!) qui a pour objectif de favoriser l'installation de jeunes maraichers en bio ou de permettre aux maraichers en place d'expérimenter l'agri bio avec accompagenement technique et formations. Pour cela, le territoire achète une ferme de 110 hectares qui se cède dans le marais.

Marais

Alors, plusieurs fois interpellé sur cette question, il est temps que je précises ma pensée quant à l'engouement de villes et/ou collectivités à installer "leur maraicher bio" et à s'interesser à la question alimentaire et agricole dans leur territoire. Je trouve sans naiveté que la prise de conscience récente pour beuacoup de territoires que l'agriculture et l'alimentation sont essentielles pour leurs habitants est une bonne nouvelle. J'avancerai même que c'est un signal fort d'un début de changement et l'accueillant comme tel il est évident qu'il va y avoir et qu'il y a déjà des maladresses voir des stratégies électoralistes mettant le feu sur la question foncière mais aussi de vrais projets de territoire sortant l'agriculture de son cloisonnement et réconciliant paysans et urbains.

L'avenir de l'agriculture et de ses paysans dans une projection a long terme sera territoriale ou ne sera pas ! J'entends par territoire, bassin de consommation lié à un bassin de production avec des habitants ayant les même habitudes alimentaires. L'avenir sera territorial pour plusieurs raisons: la crise des ressources naturelles, la crise de l'emploi, le sens et les peurs autour de son alimentation, les tensions autour des matières premières dans un monde de plus en plus urbain et peuplé, les promesses non tenues du progrés sans limite et du technicisme...

Est ce que pour autant les villes, agglomérations, com de com peuvent unilatéralement décider de l'utilisation de leur foncier et le font elles ?

1 non, parce qu'elles nous font la preuve chaque jour en le betonnant et en l'artificialisant qu'elles n'ont pas encore toutes tranché la question et fait un choix clair d'usage prioritaire

2 non, les paysans ne sont pas tous des apparatchiks d'un syndicalisme centralisé et conservateur

3 les jeunes, si motivés soient-ils, auront toujours besoins de se former, d'être accompagnés, parrainés, et équipés et surtout pas installés seuls contre les paysans du coin !!

4 leurs moyens sont encore trop limités pour avoir un réel impact de transition de long terme d'un systrème à un autre pour le moment ( et la prochaine PAC, territoriale ou pas ???)

Je comprends tout à fait les craintes des paysans de ces territoires souvent particuliers qui se sentent parfois menacés par ce nouvel intêret mais je ne comprends pas forcément le refus systématique de réflexion et de débat sur cet enjeu, du syndicalisme majoritaire dont je fais partie. Encore une énigme...

D'ailleurs quelqu'un connait ce N'Zogbia ??