Oui, j'ai participé à la tournée du Président de la république dans les fermes de France pour une possible reconquête de son électorat habituel.

J'ai un sentiment très mitigé et je remarque qu'il n'avait rien de particulier dans son escarcelle sauf peut être une volonté de réaffirmer son engagement pour une agriculture française qui represente avant tout pour lui la clé de sa balance commerciale...

Et pourtant, originaire d'une famille politique qui accepte le commerce comme aiguillon d'une politique, le Président et son ministre ont parlé de relocalisation s'agissant de la restauration collective et des circuits de vente dits "courts", ont même concédé que l'agriculture demandait un traitement à part dans ce commerce débridé et que l'Europe se devait d'être plus exigente avec ses partenaires commerciaux, qu' il était temps d'enrayer l'étalement urbain qui grignote sans cesse les terres à usage agricole et que le renouvellement des générations en agriculture était un point essentiel.

Est ce suffisant ? Evidemment que non, il y a encore un travail colossal pour favoriser une agriculture et une consommation de proximité, l'installation des jeunes échappe peu à peu aux dispositifs de l'Etat (il a annoncé 7000, 5600 jeunes ont été accompagnés par l'Etat en 2010 et plus de 6ou 7000 ne le sont pas) l'Europe continue clairement de brader l'élevage au profit du Mercosur pour d'hypothétiques ouvertures de leurs marchés aux assurances et service banquaires (d'ailleurs, quelle est la position d'une grande banque agricole française sur cette question ??), l'agriculture est considéré par le G20 comme un commerce et une compétition et ce n'est pas forcément près de changer au détriment des population les plus fragiles...

Il y vraiment place pour une autre voie sur la question alimentaire et agricole mais elle n'est pas encore en projet ni même un dessein pour une classe politique bien peu à l'aise les peids dans la terre !

Alors était ce bien utile de le recevoir sur mon exploitation ?

Je leur ai remis trois bouquins : "Bientôt nous aurons faim" de Gérard Le Puill pour une approche pertinente des politiques européennes et nationales, "les monades urbaines" un livre de science fiction pour une critique d'une urbanisation comme seul projet collectif et "les radis d'Ouzbékistan" pour rappeler la valeur des cultures alimentaires et de la diversité façonnée par les paysans et la nature.

J'ai réappuyer sur la place de l'élevage et l'autonomie fourragère à reconstruire auprès d'un ministre attentif et proche de décisions décisives sur la PAC

Il a pu voir que ma génération est actrice de son avenir, qu'elle a des aspirations et qu'elle n'attend pas qu'après les pouvoirs publics pour mettre en oeuvre des projets. Je le répète en permanence, mon agriculture souhaitée crée de la valeur, du lien, du sens, préserve les ressources naturelles, elle est un équilibre subtil entre visages et paysages.

Et pour l'anecdote, il a mangé les patisseries fermières bio de céline !!