La moisson, les vaches, les projets de diversification et les débats sur la future politique agricole commune rythment mon été. Nous avons pris de l'avance cette année du fait des conditions météo.

J'ai récolté l'orge d'hiver il y a une dizaine de jours et très vite j'ai du enchainer. La paille à presser en balle ronde puis à rentrer m'a demandée trois jours de travail. Puis nous avons épandus le fumier des vaches (il est composté) sur les 20 hectares libérés en une bonne journée à raison de 15 tonnes par hectare.

Nous partageons les chantiers ainsi que le matériel avec un voisin, nous optimisons les moyens de production. Dès lors mardi dernier avant les pluies, j'ai semé les premiers couverts végétaux (avoine, vesce commune, trèfle d'Alexandrie) qui serviront à préparer la prochaine culture de printemps et réalisé un léger travail du sol ( on appelle ça un faux semis pour faire lever les adventices)  dans les parcelles destinées au colza qui sera semé début septembre. Dans un même temps nous avons attaquer la troisième coupe de luzerne qui vit plutôt bien cette période sèche par sa capacité à aller chercher profondément dans le sol l'eau nécessaire. Nous réalisons aussi un dernier passage manuel dans les betteraves, les pommes de terre ou le blé bio pour quelques plantes indésirables comme la betterave sauvage, les chardons ou encore le rumex.

Ces prochains jours, j'ai prévu d'attaquer le montage du premier poulailler pour démarrer la vente d'œufs bio en septembre et j'attends toujours le moulin pour la farine (la boite a des soucis financiers, je crains fort d'y pommer quelques euros...) et envisager des essais de pain cet automne...

Les semaines sont chargées, passionnantes et entrecoupées d'aller retour à Paris ou bruxelles pour porter la voix d'une agriculture qui change et qui bouge !


Au fait, vous ai je dit qu'une crise laitière pointe de nouveau le bout du nez pour quelques euros d'argent de poche pour les industriels et qui deviennent pour la plupart des paysans un revenu indispensable... Les négociations actuelles, alors que les cours des produits laitiers sont bons, sont remises en cause par Lactalis  (le beurre président c'est eux par exemple) and co qui ne cherchent qu'un lait pas cher!
L'hypothèse d'organisation des producteurs face à ces vautours se vérifie à chaque négo ainsi que le nécessaire encadrement des marchés laitiers par des mécanismes publics. Il me semble urgent de poser les solutions...