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Depuis la création de l’APLI (Association des producteurs de lait indépendants), plusieurs « attaques personnelles » envers les responsables agricoles du syndicalisme majoritaire (FNSEA, FNProducteurs de Lait) ont été commises. Des actes idiots mais révélateurs de l’ambiance actuelle dans le monde agricole. Ces actes de vandalisme ont été évidemment été condamnés par la FNSEA et les JA. Les responsables syndicaux victimes de ces attaques ont reçu des messages de soutien forts et nécessaires, les renforçant dans leurs orientations (discutables ou non). Car si l’Apli souhaitait les conforter dans leurs certitudes et sur leur siège, c’est réussi !

Néanmoins, il me semble que les producteurs de lait (au delà des réglements de compte personnels) qui en arrivent là ne trouvent plus les lieux, nécessaires à tout réseau, de débat, de prises de becs, de consensus mais aussi de disensus. Ces lieux sont confisqués par quelques cadres agricoles souvent plus "sur-informés" que pertinents, des élus à vie, qui aiment le pouvoir et veulent préserver leur situation. Je ne leur en veux pas pour ça (pourquoi les paysans seraient ils plus vertueux que les politiques, même si qq partis se sont posés la question ?). Par contre je me demande à qui sert le fait de de n’avoir jamais remis en cause le fonctionnement « soviétique » de la plupart des Organisations agricoles. Il faut le voir pour le croire : une assemblée générale de coop, un conseil d’administration... Des votes organisés sans enjeux, une assemblée repue, vieillissante sans aucune question pertinente, attendant avec impatience le repas du midi.

Le syndicalisme agricole souffre grossièrement et à plus grande échelle des mêmes maux : sans aucun garde fous quand à la durée de la responsabilité ou à de quelconques objectifs ou bilans, le fonctionnement de la plupart des organisations repose sur des cadres de plus de 50 ans, grands adeptes du consensus mou. Ce fonctionnement a favorisé un fatalisme recurrent face au vent libéral et au tout économique depuis des années maintenant.

On récolte toujours ce que l’on sème. Je ne dis pas ça pour excuser quelques actes stupides mais plutôt pour comprendre la situation et trouver les moyens de ne pas conforter les quelques cadres qui cachent la forêt de paysans, prêts à s’engager avec des convictions nouvelles et à partager au-delà des frontières agricoles.

Alors à quand une réforme profonde des organisations qui permettrait enfin à chaque individu de s’engager et de mieux appréhender sa responsabilité individuelle dans l’élan collectif ?