pommesbios

« Les produits bio coûtent 72% plus cher que les produits conventionnels correspondants. » pouvait-on lire récemment une dépêche de l’AFP… La fin m’a surtout interpellé : selon Yves Marin, fondateur du cabinet de conseil en distribution Dashkoma : « Les prix du bio reflètent l'inadéquation de l'offre et de la demande. Tout le monde rame pour obtenir de la marchandise, on gère une pénurie, donc l'heure n'est pas encore au discount. »

Hallucinante, cette conclusion du "l'heure n'est pas encore au discount (bio)" ! Sans même parler du discount, la situation de la bio dans la grande distribution (GD) est aujourd'hui en terme d'éthique et de respect des paysans pire que celle des paysans de l’agriculture conventionnelle.

Nonobanane

Le phénomène est simple : la grande distribution veut en effet s'accaparer le client prêt à acheter du bio pour sa santé et son bien être. En parallèle, ce même client, s’il remet en cause ce qu'il mange, ne se préoccupe guère du mode de distribution ou même de l'origine du produit des produits bios.

Or la production française en bio étant insuffisante pour répondre à la demande croissante des consommateurs, beaucoup de ces produits sont étrangers et font des distances parfois considérables. Et la GD habitue à une consommation régulière sans respect des saisons et ainsi continue à déresponsabiliser les clients.

Conséquences :

- La bio française a des difficultés à se structurer pour vendre ses produits et  répondre à la demande. La GD profite donc de sa position dominante et incontournable pour imposer  ses marges

- la bio plus chère sans être obligatoirement justifiée donne une image d'inaccessibilité pour les moins aisés (l’inégalité sur la qualité de l'alimentation est une réalité préoccupante)

Il y a plusieurs raisons qui me poussent à dire que les acteurs de la Grande distribution sont des vautours. Mais la question du choix du type de consommation demeure une question essentielle que chacun, chaque citoyen-consommateur, doit se poser.

Les produits frais discounts, présents en rayon toute l'année sont une hérésie totale en bio comme en conventionnel. L'alimentation a une valeur (un prix) mais aussi une identité, une origine et si nous voulons conserver les bénéfices d'une remise en cause de la production faisons en sorte d'y oeuvrer par notre consommation.